45 millions € pour l’acquérir et encore une bonne dizaine – voire quinzaine – de millions € pour l’aménager. Pas à dire, la très récente vente de l’ancien siège historique du PS français dans le VIIe arrondissement de Paris fait rêver et saliver en ces temps festifs.

Les chiffres donnent le tournis pour un hôtel de maître ne totalisant que quelque 3.300 m2. Conduisant déjà le projet emblématique Muse en Grand Est (écho du 5/12 > FA web) – «l’une des plus importantes opérations immobilières privées jamais réalisées en France» – avec l’architecte coordonateur Jean-Paul Viguier et associés, la société Apsys à capitaux familiaux vient de casser sa tirelire de 45,55 millions pour acheter Solferino, siège du parti socialiste français depuis la victoire mitterrandienne de 1981. Les dernières élections présidentielles conduisant Emmanuel Macron (En Marche) à succéder à François Hollande (PS) ont accéléré la déroute des avoirs socialistes français déjà moribonds.

Renflouer les caisses

Depuis, le parti d’Epinay, sous-représenté dans les diverses assemblées, est privé de tas de dotations et d’argent public. S’ensuivent de très grandes difficultés financières l’obligeant à se séparer d’une partie de son immobilier de prestige – dont ‘Solfé’, siège historique du parti dans le VIIe arrondissement de Paris (vidéo de la CP ici) –, pour pouvoir assurer le paiement des cadres et permanents survivants aux coupes franches. Dix offres fermes sont parvenues jusqu’au 10 de la rue de Solferino. La vente Apsys sera formalisée pour février prochain. Habituellement, l’acquéreur Apsys bâtit et gère des centres commerciaux, «lieux iconiques cousus main » se flattent ses dirigeants.

Dans le peloton de tête des leaders du marché retail, Apsys en possède 31, de Pologne (Manufaktura ; Posnania, …) à la France (Beaugrenelle, Vill’Up depuis fin 2016 > Cité des Sciences, …), et développe actuellement 6 nouveaux programmes. Dont Muse à Metz avec Viguier et bientôt Steel (St-Etienne) ou Bordeaux Saint-Jean (écho du 8/9 > FA web) avec l’architecte néerlandais Winy Maas et son bureau MVRDV. Pour autant, l’ancien siège parisien des socialistes français ne sera pas transformé en galerie commerciale de luxe. A l’automne, il abritera en réalité juridiquement le nouveau Q.-G. prestigieux de l’opérateur-promoteur cité. Lequel mettra encore 10 à 15 millions € au pot – selon la dernière livraison du Figaro Immobilier -, pour transformer et rénover les lieux à son goût. En définitive, les 3.300 m2 ne seront livrés qu’en 2020. (Ph. G.)

 © Apsys 

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