On ne l’attendait plus du tout au tournant. Et pourtant, avec l’enterrement de première classe de l’Eurostadium, le vieux stade condamné roi Baudouin tire temporairement son épingle du jeu au centre du plateau du Heysel. L’Union belge louera l’enceinte rénovée par l’Anversois bOb Van Reeth pour quelque … 120.000 € par futur match des Diables rouges, quel que soit leur destinée au tout proche Mondial russe.

Début décembre dernier, le couperet tombait définitivement sur la participation de Bruxelles à l’Euro 2020 organisée par l’UEFA, avec 12 autres capitales européennes (écho du 7/12/2017 > FA web). Exit donc la toute nouvelle enceinte conçue par le bureau d’architecture bruxellois Jaspers-Eyers & partners à bâtir sur l’ex-parking C au bout du plateau du Heysel adossé au ring, pour le compte de Ghelamco/BAM. Les 4 matches «bruxellois» planifiés ont été réattribués au stade londonien de Wembley. Londres passe en force puisqu’on y jouera 7 matchs au total, dont les demi-finales et la mythique finale.

Jamais vraiment enterré
Dans quelques jours, premier événement planétaire télévisuel, la Coupe du monde de foot 2018 organisée par la FIFA débutera en Fédération russe (écho du 20/9/2017 > FA web). Les Diables rouges ont obtenu leur ticket direct en se qualifiant en tête de groupe. Les douze stades russes des onze villes hôtes (voir notre dossier «Architectures de l’Est toujours plus à l’Ouest» > Focus Archi 16, pp. 6-10) sont fin prêts. Mais le bon vieux… stade roi Baudouin également ! Avec l’éviction radicale de l’Eurostadium, le vieil outil à 47.000 places promis à la casse reprend en effet du… service. Il avait été entièrement «reconçu» par l’architecte anversois bob Van Reeth et le bureau liégeois Greisch (stabilité) dans les années 90, pour préparer l’Euro 2000 organisé par la Belgique. Seul le fronton de l’ancien stade de l’entre-deux-guerres avait été conservé.

Toujours condamné – un Ministre bruxellois avait été jusqu’à le qualifier de «vieux bac à béton à valeur nulle» –, jamais vraiment enterré, le Baudouin prend en effet sa revanche. Fin mai, Bruxelles-Ville a signé avec l’Union royale belge des sociétés de football-association un nouveau contrat de location des lieux naguère reconditionnés par Van Reeth et consorts. Reconductible, ledit contrat vient d’être signé pour un an, jusqu’à la mi-2019. Les Diables «héritent» donc de leur pelouse habituelle, pour y disputer leurs futures rencontres après y avoir rencontré les deux premières semaines de juin Portugal, Egypte et Costa Rica en préparation du Mondial russe. Il en coûtera chaque fois 120.000 € par match à comparer à un coût d’entretien de l’enceinte de 4 millions €/an. Pendant ce temps, le projet Neo1/Européa y va son petit bonhomme de chemin, déjà détenteur d’un pré-permis conditionné (écho du 4/4/2018FA web).

© Bureau bOb Van Reeth&Van Campenhout WJ & MC/Greisch; Jaspers-Eyers & Partners

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