Au départ éphémère, le pavillon belge de l’Expo universelle de Milan est en passe d’élire un nouveau domicile, définitif: l’esplanade de la citadelle de Namur. Cette version en modèle réduit d’une urbanisation idéale du futur est due à l’architecte-scénographe belge Patrick Genard. Un Namurois basé à Barcelone.

Centrée sur l’alimentation de la planète (et la sous-nutrition) et organisée par le BIE basé à Paris, la dernière Exposition universelle a eu lieu dans la zone industrielle en reconversion de Rho-Pero au NO de Milan (Italie) en 2015, au voisinage du nouveau parc des expositions Fiera Milano du studio Fuksas. La prochaine se déroulera à Dubaï en 2020, pour la toute première fois dans cette partie de l’hémisphère depuis la création, milieu du XIXe siècle, du troisième événement planétaire (lire Focus Archi, septembre 2018, pp. 24-26). Rassemblant 145 nations-exposantes et plusieurs dizaines de millions de visiteurs, l’Expo milanaise a nécessité 20 milliards € d’investissements en infrastructures.

Recyclage wallon
Evidemment, la Belgique en était avec le pavillon Belga bois-verre à 8 millions € symbolisant une urbanisation idéale du futur en modèle réduit conçue par l’architecte-scénographe Patrick Genard (bureau Patrick Genard & Asociados) flanqué de Marc Belderbos, auteurs de l’avant-projet lauréat. Le Namurois travaille depuis Barcelone. Occupant 200.000 travailleurs directs et indirects, notre industrie alimentaire tricolore pèse lourd, avec 48,2 milliards € de chiffre d’affaires. Vitrine de nos entreprises et savoir-faire, le pavillon Belga de Genard & Asociados+Belderbos a fait l’objet de divers marchés publics exécutés pour l’essentiel par Besix-Vanhout et pilotés par la Régie des Bâtiments, gestionnaire du portefeuille immobilier de l’Etat belge, en chargé également du suivi du chantier. La Régie avait joué le même rôle pour l’expo internationale de Saragosse et l’Expo universelle de 2010 à Shanghai.

Peu après l’Expo 2015, la Ville de Namur avait marqué son accord pour aider à l’acquisition du Belga aux 2.500 m2. Au titre des grandes infrastructures touristiques wallonnes, l’exécutif wallon l’a racheté pour quelque 3,6 millions €. Objectif: aider notre société à la transition vers le numérique. Ce pavillon figurera très bientôt dans l’inventaire du patrimoine namurois, en principe encore avant le scrutin communal d’octobre prochain. En charge de la maintenance du pavillon, Besix-Vanhout a démonté et remonté le Belga sur les hauteurs namuroises avec quelques mois de retard (octobre dernier) sur la planification initiale. Explorant sans cesse les liens entre arts, sciences et technologies, l’asbl KIKK assurera la gestion du site désormais vitrine des nouvelles technologies wallonnes avec ses espaces d’expo, bureaux et salles réunion/réception modulables.

© Bureau Genard & Asociados; ville Namur (aerial view)

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