Paris rive gauche parée de bois

La course au plus haut gratte-ciel du monde s’est déplacée, en ce début de millénaire, au Proche Orient. En Europe et surtout outre-Quiévrain, on joue dans une toute autre cour de récréation….  

 Sur les réseaux sociaux de certains ouvriers participant au chantier – relayés par CNN en particulier – au mitan de l’été, on a enfin pu découvrir les premières images aériennes de la construction d’une des futures plus hautes tours du monde. Baptisé Dubaï Creek Tower (écho du 13/4/2016 > FA web), le gratte-ciel d’Emaar Properties sera situé au Proche Orient, à Dubaï. Les fondations de plus de 70 m de profondeur sont posées. Plus de 45.000 m3 de béton vont y être coulés. Dans le même temps, dans la même partie du globe, son challenger Kingdom Tower progresse à Jeddah, ville portuaire d’Arabie saoudite sur la mer Rouge. Sur 252 étages dont 167 habitables, un peu plus d’une demi-centaine a déjà été réalisée.

Achevée, Dubaï Creek Tower culminera elle à près d’un km de hauteur en 2020, date de l’Exposition universelle dubaïote. Ce joujou à environ 1 milliard de dollars (853 millions €) a été conçu par l’architecte européen Santiago Calatrava Valls (gares > Liège-Guillemins, Mons > FA print 8 pp.18-19, …). Il sera équipé d’une plateforme d’observation, en plus de la vingtaine d’étages réservés à l’horeca. Ni résidentiel ni tertiaire, l’objet constituera une sorte de gigantesque tour Eiffel du moyen Orient en forme de minaret géant arrimée au sol par des câbles.

Nouveaux repères

En Europe, on joue plus modestement avec les nuages (échos des 13/4/2016, 17/3 et 8/4 > FA web). Spécialement côté Hexagone où la course à la hauteur a repris à Paris, après un moratoire de quatre décennies. D’ici 2021, la tour la plus haute – The Link (244 m ; vidéo ici), nouveau siège de Total, signé par l’association PCA-Stream – verra ainsi le jour à La Défense, premier quartier d’affaires européen entre Paris et banlieue Ouest. Le groupe pétrolier y est déjà installé depuis trois décennies cours Michelet et Coupole, domicile de 6.000 cols blancs aux heures de bureau. Les 126.000 m2 prendront place dans une tour dédoublée en deux ailes (Seine et Arche) totalisant notamment une bonne trentaine de plateformes dotées de terrasses et de jardins suspendus (links).

Link comptera aussi un terrain de sports (2.000 m2) et nombre d’espaces de détente dont un large toit-terrasse avec vue sur tout Paris. Par là, l’ambition est de rééquilibrer la skyline de La Défense sur son axe historique vers l’Ouest, entre Ville Lumière et centre-ville de Puteaux. Tandis que Toulouse disposera aussi de sa tour-fanal (Occitanie ; studio Libeskind), La Défense devra peut-être faire son deuil d’autres lèche-nuages. Ainsi le duo Hermitage Plaza (323 m) y sortira-t-il un jour de terre ? Porté par une promotion russe et Foster & Partners, ce projet à deux gratte-ciels – parmi les plus hauts d’Europe – et à 2,9 milliards € mêlerait 540 logements haut de gamme, piscines, spas, grand hôtel, commerces et bureaux.

A livrer en… 2016, la construction de ce projet voisin des tours First (actuellement la plus haute tour française) et Alto n’a pas… débuté. Quant à la tour Triangle mouture deux (180 m) des Helvétiques Herzog & de Meuron, son permis de construire (accordé en avril dernier) est contesté par divers collectifs en justice. Un épisode de plus pour ce projet controversé depuis sa médiatisation en 2008. L’horizon de la tour Triangle n’est cependant pas complètement dégagé. De nombreux collectifs continuent en effet à s’insurger contre ce projet qu’ils qualifient d’«inutile» et de «démesuré». Après avoir adressé un recours gracieux en juin contre le permis de construire, les associations SOS Paris, ADAHPE et France Nature Environnement ont déposé mercredi 4 octobre un recours contentieux auprès du Tribunal administratif de Paris. (Ph. G.)

© Emaar Properties ; studio Libeskind ; PCA-Stream ; Foster & partners; Herzog & de Meuron

Paris rive gauche parée de bois

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