Le BIM (Building Information Modeling), détaillé dans le Guide du Bâtiment Durable, est un processus complexe ciblé sur une maquette numérique utilisable pour tout type de projet, de l’imposante réalisation tertiaire à la rénovation d’un logement. Entretien avec Lionel Bousquet, architecte au bureau BXLMRS.

Avec le BIM, tous les scénarios de construction peuvent être envisagés ?
Oui, là où les techniques habituelles ne dessinent que des géométries, le BIM crée des objets paramétrables aux nombreuses caractéristiques intrinsèques (matériaux, coût, disponibilité, etc.). A partir de ce double virtuel du bâtiment, il est possible de tester différentes alternatives en prenant en compte des critères généralement omis.

Un plus si la construction s’inscrit dans une démarche d’économie circulaire…
Il est en effet possible d’isoler les éléments démontables, réutilisables, de quantifier leurs poids, leurs volumes, de mieux gérer les flux de matières. Le cycle de vie du bâtiment peut aussi facilement être étudié afin d’imaginer des affectations futures.

Pour les rénovations, le BIM est-il souvent couplé au Scan 3D ?
La réunion des deux est intéressante car le Scan 3D, un laser tournant sur 3 axes, permet d’effectuer un relevé précis de l’extérieur comme de l’intérieur du bâtiment. Intégrés au BIM, ces nuages de points formant un objet 3D aident le dessin, car ils créent une représentation très proche de la réalité.

Un grand potentiel existe pour la rénovation du bâti bruxellois…
Oui, les architectes doivent de plus en plus travailler sur des bâtiments existants. Le BIM permet d’analyser précisément les défis et opportunités : les possibilités et l’optimisation de performance énergétique, d’écoconception, d’économie circulaire, de réversibilité ou encore de réutilisation. Le BIM est pratique et permet une représentation simultanée de l’existant et du futur, que cela soit en 3D, en plan ou suivant des coupes du projet.

Quels sont les avantages pour un bureau d’architecture d’utiliser le BIM ?
Une efficacité de travail, une plus grande performance et un gain de temps conséquent. Au début, dessiner la maquette prend plus de temps mais ce travail est vite rentabilisé tant l’étude du bâtiment est plus aisée et les erreurs sont minimisées. L’usage du format IFC permet aussi à tous les intervenants de parler le même langage.

Et les écueils ?
Le BIM a un coût en termes d’achat et de formation. Il convient d’avancer pas à pas : former quelques collègues correctement, désigner un projet précis avec lequel démarrer et être suivi par un expert pour répondre directement aux questionnements.

EN SAVOIR PLUS ?
Découvrez tout le potentiel du BIM dans le Guide Bâtiment Durable :
www.guidebatimentdurable.brussels

Légende image : Vue 3D des éléments à démolir ou démonter sur un projet de logement unifamilial ayant utilisé un processus BIM.

Crédit photo : © BXLMRS

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