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Poser le pied sur la planète rouge ? Ce ne sera pas avant 2030… Et minimum 400 jours seront nécessaires pour s’y rendre et en revenir. Ensuite, les missions habitées envoyées là-haut devront nécessairement résider sur Mars, en construisant sur place, avec des matériaux prélevés… in situ. De colossaux défis pour architectes et designers, déjà en partie relevés par SEarch + Clouds AO, LavaHive ou Foster & partners…  

Pour l’instant, Nasa, Agence spatiale européenne (ESA) et d’autres rivalisent pour réussir à envoyer des atterrisseurs, sondes et robots mobiles (Phoenix, Curiosity, etc. ; Beagle-2, Mars Express, Schiaparelli, ExoMars) vers la planète rouge. Malgré les échecs répétés, ils y sont à la recherche de la moindre trace de vie et d’eau. Car pour coloniser Mars temporairement – et surtout définitivement -, il faut d’abord résoudre quelques fameuses imbrications d’équations actuellement encore insolubles.

Par exemple, pour survivre et habiter dans cet univers très hostile, il importe de trouver au plus vite des parades aux écarts de t° entre jour/nuit, là-haut abyssaux. Idem pour les radiations cosmiques et solaires, mortelles pour l’humain exposé, même sous scaphandre. Les habitats sur place devront donc être conçus avec des boucliers ad hoc. Autre problème : la fusée, la navette ou tout autre moyen pour se rendre sur Mars (7 mois au bas mot, en fonction d’un alignement favorable des planètes) n’a pas encore été trouvée, etc., etc.

Insolites concours
Scientifiques et techniciens ont donc appelés architectes, designers et concepteurs d’habitats confinés à la rescousse. Pour aller bien au-delà de l’installation d’une base et ses dépendances : modules, labos, fermes, espaces de circulation, zone loisirs, …. A l’instar de Lune, Mars offre des ressources, couverte qu’elle est de débris de roche et poussières recyclables en matériaux artificiels (rigolite ou moon dust). Une chose est acquise : les lieux à construire en seront parés pour offrir notamment une parade contre les radiations tueuses. Fin 2015, la Nasa a organisé un concours d’architecture d’un tel habitat pour 4 membres d’équipage, imprimable en 3D. Ce 3D Printed Habitat Challenge for Mars a été remporté par le collectif newyorkais SEarch + Clouds AO.

Grâce à la technique d’impression 3D, son Icy House – en forme d’immense coquille – a été imaginée en superposant des couches de glace (percolats tirés du sol gelé martien) protectrices, maintenues sous pression. Parmi la short-list de 30 équipes conceptrices retenue par la Nasa, l’équipe Gamma (Norman Foster & partners) et le collectif LavaHive hissés sur le podium ont fait pareil mais en ayant recours à la rigolite à trouver sur place. Ce concours se poursuit. La 2e phase, en cours, pousse cette fois les participants vainqueurs à construire l’habitat martien imaginé à échelle réelle. Un prix d’environ 936.000 € est à décrocher. Lisez la suite de cette captivante odyssée dans notre reportage exclusif paru dans la livraison 14 de Focus Archi.

© ESA ; collectif LavaHive ; SEarch + Clouds AO

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