Palace Bxl Thierry Rogé

Deux lieux de cultures réinvestissent la capitale, pour coller à l’offre multiculturelle et urbaine d’aujourd’hui et de demain. Avec une belle brochette d’ateliers et de bureaux d’architecture à leurs chevets.    

A la fin des années 90, une pièce maîtresse renaît sur les boulevards centraux, entre gare du Midi, quartier St-Géry et Bourse de Bruxelles. L’ancien Pathé Palace reprend vie après un lifting respectueux de 2,5 millions €, sous le curieux nom de Kladaradatsch. Peu avant la Première Guerre mondiale, s’inspirant des théâtres à l’italienne, les frères Pathé – pionniers français de la distribution cinématographique – confient à l’architecte polymorphe Paul Hamesse la réalisation de ce lieu de divertissements divers: brasserie, fumoir, foyers, jardin d’hiver. Ce disciple de l’Art nouveau façon Hankar-Horta avait imaginé un décor opulent et conçu le plus grand cinéma de la capitale à… 2.500 places!

Trois-quarts de siècle plus tard, le paquebot passe de 1 à 3 salles: 350, 150, 70 places. A la barre, les architectes d’East 1001 (Genk) et Claisse Architectures (parties classées). Loin des (super-)complexes multipliant salles et à-côtés rémunérateurs, le lieu bat pourtant rapidement de l’aile. La Communauté française (FWB) rachète le vaisseau failli en 2001. Autour de quelques noms du cinéma belge, la renaissance-réaffectation art et essai à 4.500 m2 prend son temps. Depuis ce 28 février, le Palace aux 4 salles totalisant 650 places, magasin culturel et outil horeca a pourtant rouvert ses portes au grand public. Le bureau AA-AR a fait le pari de la lumière et de dialogues multiples entre différentes couches historiques et époques. Pour être viable, le Palace doit réunir 110 à 125.000 entrées/an.

Plus à l’Est

Non loin, dans la plus petite des 19 communes bruxelloises (1,1 km2; St-Josse-Ten-Noode), l’enveloppe d’un autre cinéma mythique va également renaître, cette fois sous forme d’une maison des cultures dans une entité mixant… 150 nationalités. Dans un tissu urbain très serré et aux pieds de la tour Madou, le chantier vient de démarrer pour désosser les 3.000 m2 de l’ancien Marignan (1958-1979) et cannibaliser le site mitoyen de l’ex-internat Ste-Julienne à démolir. La livraison est prévue pour l’automne 2019. Quelque 14,5 millions € seront mobilisés pour acquisitions, études et travaux.

A façade Belle Epoque classée côté chaussée de Louvain, la nouvelle mouture est signée par l’association momentanée Atelier De Visscher & Vincentelli + MangerNielsen Architects, lauréats du concours. Sa programmation mettra l’accent sur les cultures urbaines, les jeunes créateurs, la musique actuelle, l’humour, les arts de la scène et la danse. La salle de spectacles affichera 420 places assises, complétée d’une cafétéria attenante et d’un restaurant. Côté rue Scailquin, 3 logements publics passifs prendront place sous toiture. L’ex-internat laissera, lui, la place à 4 salles polyvalentes: expos, ateliers créatifs, musicaux et théâtraux, conférences, ateliers, stages, fêtes de quartier.

© Th. Rogé-Belga (Palace); ADVV-MangerNielsen Architects (SJTN)

© Ph. G.

Pin It on Pinterest

Share This