D’autres challengers que les deux pionniers historiques – USA URSS – se lancent dans la colonisation de nos proches voisins galactiques. Le bureau scandinave BIG ajoute sa pierre à l’édifice en proposant une base martienne de son crû.

Lundi 11 décembre dernier, le président Trump a signé une nouvelle directive sur la politique spatiale américaine (Space Policy Directive 1 ; vidéo Le Monde ici), recentrant la stratégie. Ladite directive prévoit en effet un programme intégré emmené par les Etats-Unis, commente la Nasa, mais cette fois avec des partenaires internationaux et commerciaux. Sans budgéter la faramineuse enveloppe qu’exigerait l’exercice (année fiscale 2019), elle vise à renvoyer des astronautes sur Lune avec un objectif précis : y préparer la première mission habitée vers Mars (écho du 12/9 > FA web).

La dernière fois qu’un homme a foulé le sol lunaire, c’était il y a presque un demi-siècle, en 1972, lors de la mission Apollo 17 revenue avec la plus grande quantité d’échantillons de roches et de sols lunaires. Dont l’échantillon lunaire 70215 façonné de lave basaltique et cristallisé voici… 3,84 milliards d’années. Tranché d’une roche mère pesant un peu plus de 8 kg, cet échantillon de 14 g est un très fin grain, dense et résistant. Au cours des six missions Apollo (1969-72), les astronautes ont recueilli 2.196 échantillons de roches et de sols.

Tremplin obligé

Les nombreuses études scientifiques menées sur ces roches et les poussières de lave nous aide(ron)t à comprendre les ressources minérales et chimiques disponibles (rigolite ou moon dust ; échos des 12/9 et 4/10 > FA web + dossier FA 14, pp.5-12) pour soutenir l’exploration lunaire/martienne future.  Surtout… martienne car les futures missions habitées vers la planète rouge exigeront – en tous les cas les premiers – 14 mois d’allers-retours au bas mot, avec des engins propulsés encore à inventer. Et un séjour d’une à deux années sur place, ce qui impose des habitats martiens idoines (écho du 4/10 > FA web) fabriqués à l’aide de matériaux-ressources trouvés et prélevés sur place (lire notre dossier > magazine FA 14, pp. 7-12).

De son côté, l’Europe (ESA ou, en français, Agence spatiale européenne) veut également envoyer des hommes sur Lune pour y implanter une colonie (base permanente Moon Village, à enterrer dans le sol) remplaçant la station internationale ISS orbitale. Inde, Chine, Etats-Unis caressent les mêmes ambitions. L’eau ne manquera pas lors de cette sédentarisation extra-planétaire. Une grande quantité d’eau (support-vie + carburant > hydrogène-oxygène) a été détectée dans les régions polaires lunaires.

Après Norman Foster / Branch Technology, SEarch + Clouds AO, LavaHive, c’est maintenant au tour de l’architecte scandinave Bjarke Ingels (bureau BIG) de verser sa pierre-roche à l’édifice. Le Danois propose d’ériger Mars Science City, campus de simulation spatiale en banlieue dubaïote (> E.A.U., vidéo YouTube ici ; 1’13’’). Les épures d’Ingels additionnent quatre dômes géodésiques couvrant… 17,5 ha de désert. Ce qui en ferait la plus grande mini-ville (labos, zones éducatives, habitats, …) jamais construite simulant l’habitat lunaire puis martien. (Ph. G.)

© ESA ; BIG

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