Avec un peu plus de 7 millions de m2 en propriété propre et location, la Régie des bâtiments constitue réellement le bras armé immobilier de l’Etat belge. Pour ‘loger’ ses fonctionnaires, bureaux, instituts scientifiques, propriétés les plus diverses y compris prisons ou stands de tir. Et évidemment quantité d’outils muséaux comme celui de l’Afrique centrale à Tervuren, aux tout nouveaux visages, à rouvrir/ré-inaugurer début décembre 2018.

En 2019, la Régie créée au début des années septante changera de statut en devenant une SA de droit public. Cette privatisation qui n’en est pas une l’autorisera ainsi à sous-louer de l’inutilisé au privé et récupérer le produit de ventes régulières de bijoux de famille. En 2000, elle régnait encore sur près de 2.000 bâtiments les plus divers. Entre-temps, toujours plus grands, ceux-ci ont quasiment fondu de moitié pour se solder à 1.058 (2018). Au printemps, la polémique avait enflé au nord du pays, dénonçant un prétendu vide ‘locatif’ estimé à 30%. Il n’en est rien. En réalité, les bâtiments vides de l’Etat frôlent les 4 %. Au rang des missions essentielles, la Régie des bâtiments loge les fonctionnaires du fédéral et s’occupe de restaurer le patrimoine fédéral (historique et architectural; écho du 23/8/2017 > FA web).

Exemple parmi mille, le Musée royal de l’Afrique centrale à Tervuren, l’un parmi la dizaine d’ISS (instituts scientifiques) nationaux subsistants dans ce royaume aux entités fédérées. Depuis l’automne 2013, ledit musée logé dans un parc à la Versailles fait l’objet d’une importante extension-rénovation (rubrique Inspiration > Focus Archi n°14, pp.30-31). Inauguré fin XIXe siècle, l’outil a été conçu pour magnifier notre ancienne colonie du Congo, longtemps propriété personnelle de Léopold II, et montrer les «bienfaits» du colonialisme belge, mission désormais étendue également aux méfaits. Après 120 ans d’existence, les bâtiments ont été soigneusement restaurés, mis aux normes et prolongés d’une extension ultra-contemporaine signée par l’association momentanée Stéphane Beel Architecten, Origin Architecture & Engineering, KVDV Architecten, Arup NL, BB, RCR, Daidalos Peutz et le paysagiste Desvigne. Le tout, environ 11.000 m², est relié par deux souterrains.

Scénario neuf
Dans les prochains mois, de nouvelles trames scénographiques complèteront le musée revu et corrigé, les pièces de collection rentreront à la maison. Accueil, boutique, vestiaire-casiers et cafétéria panoramique ont été délocalisés pour que le principal bâtiment muséal ne s’occupe plus que d’exposition permanente. Même totalement intégré à l’environnement, ce nouveau pavillon d’accueil ne passe pas inaperçu avec son mur-rideau en verre, contrastant avec le bâti historique environnant rénové à l’identique. Le restaurant a été installé au premier étage. Grâce à un imposant escalier en béton de parement blanc, le visiteur descend aux étages souterrains où parvient encore la lumière du jour par le biais d’une cour anglaise.

De 100 m de long, comparable à une grande boîte blanche (plafonds, murs, dalle de béton polie), la liaison souterraine à conception minimaliste en constitue le passage principal vers les collections permanentes, soit aussi bien l’entrée que la sortie du musée. On peut y créer des espaces modulables à foison. A l’architecture imposante, doté de 24 salles + espaces de circulation, le bâtiment muséal historique et ses abords immédiats sont classés depuis févier 1978. L’intérieur au rez et le mobilier originel, également. Ses façades et menuiseries extérieures ont été nettoyées et restaurées. Isolées, les toitures ont été pourvues d’une nouvelle couverture, en zinc ou en ardoises. La cour intérieure a été dégagée, pour ouvrir les sous-sols à la lumière naturelle. L’opération aura coûté 66,5 millions €. Les lieux seront officiellement rouverts au public ce 8 décembre.

© Régie des Bâtiments et A.M.; Belga

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