MMM à Mons

Conçus respectivement par l’atelier Hebbelinck et Moriyama & Teshima architects, les Mons Memorial Museum et Musée de la guerre d’Ottawa participeront activement cette année à la fin des commémorations entourant le centenaire de 1914-18. En exhibant notamment une pièce unique au monde, le canon qui tira les ultimes salves d’obus de la der des ders…

Cette année 2018 devrait marquer les dernières et ultimes commémorations du centenaire de la Première Guerre Mondiale. Dans ce cadre, installé dans un ancien site industriel (Machine à eau) magistralement reconverti, le Mons Memorial Museum/Centre d’interprétation de l’histoire militaire (MMM) va prêter une pièce unique… au monde au Canada, aux côtés des Alliés dès août 1914 en raison de son statut de dominion de l’Empire britannique. Inauguré lors de Mons 2015 – Capitale européenne de la culture -, l’institution montoise doit ses rénovation-extension à l’atelier d’architecture Pierre Hebbelinck.

Installé à Ottawa – capitale de la patrie du sirop d’érable -, le Musée canadien de la guerre a été conçu par le bureau nippon Moriyama & Teshima architects (MTA) inspiré à la fois par la nature survivant toujours aux dévastatations et l’étrange destin de jeunes Canadiens ordinaires partis se battre sur le Vieux Continent dans des paysages gaspillés. Ce musée national présente le passé militaire du Canada et la façon dont il a façonné le pays. Au design primé et expos généralement novatrices, le bâtiment d’envergure internationale imaginé par les architectes japonais (+ Griffiths Rankin Cook Architects) semble immergé par le paysage bordant la rivière des Outaouais.

Pièces historiques

Toit vert en pente, murs austères anguleux, béton brut, joints rugueux, planchers inclinés: l’ensemble symbolise les multiples couches de signification muséales. «L’effet recherché, indiquent ses auteurs, est d’encourager pensées, souvenirs et émotions des visiteurs.» Malgré l’océan les séparant, les deux institutions célèbrent mi- et fin 2018, centenaire de 14-18, de belle manière. Le MMM détient deux Ordnance QF 18pdr, bébés joufflus d’acier pesant 1,6 tonne. Ces canons sont les deux exemplaires offerts par le corps d’armée canadien aux autorités montoises pour fêter le 11 novembre 1918, jour béni de l’armistice.

L’un d’eux est exposé au Mons Memorial Museum, l’autre est stocké dans les collections de la ville. Ce dernier va retrouver temporairement son pays de conception dans la mesure où le Musée de la guerre d’Ottawa en fera la pièce centrale d’une expo d’envergure sur l’offensive des « Cent jours», symbole de l’émancipation et de l’identité canadienne. Elle eut lieu du 8 août au 11 novembre 1918. En provenance d’Amiens puis d’Arras, Cambrai et valenciennes, le Corps d’armée canadien de l’armée britannique y joua un rôle de premier plan dans la poussée victorieuse alliée jusqu’à Mons, en enfonçant définitivement les lignes allemandes. Le QF 18 pounder y marqua l’Histoire: l’engin tira les toutes dernières salves d’obus de la Première guerre mondiale, dans la nuit du 10 au 11 novembre, contre des postes de mitrailleuses allemandes retranchées au nord-est de Mons.

Britanniques et Anglo-Saxons sont généralement très attachés à la mémoire de guerre et aux voyages mémoriels. Ce public « captif » constitue une grosse part des visiteurs du Mons Memorial Museum. Mons a tout intérêt à se faire connaître des Canadiens appréciant déjà Ypres, Passendaele et Vimy (Hauts de France). Les premiers et tout derniers affrontements britanno-allemands eurent lieu à Mons. Et officiellement, la dernière victime de cet horrible conflit-boucherie aux lourdes statistiques est le soldat canadien George L. Price, membre du corps expéditionnaire du Commonwealth tué à 10h58, deux minutes avant l’entrée en vigueur de l’Armistice. Il repose au cimetière militaire de St-Symphorien (vidéo ici, 12’37’’), entre Mons et Binche.

© AA Pierre Hibbelinck ; MTA

Musee canadien de la Guerre MTA

Pin It on Pinterest

Share This