Devant les agressions climatiques de plus en plus précises et catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes, le genre humain songe à multiplier les coffres-forts où stocker semences végétales, animales, voire bientôt humaines. Pour faire face à d’éventuelles apocalypses, un tel grenier existe déjà en Scandinavie, à flanc de montagne constamment gelée. En Afrique tropicale, le mont Kilimandjaro pourrait être la prochaine place sûre selon un éminent spécialiste de l’architecture ‘environnements extrêmes’.

Certains scientifiques craignent une sixième extinction des espèces, d’ampleur. Epousant certaines thèses survivalistes, ils sont en sont à concevoir des idées et moyens sûrs de préserver les règnes humain, animal et végétal. Car sans nourriture, notre genre humain n’a en effet plus de lendemain (qui chante). Quelques architectes sont particulièrement au fait du sujet. Les précédant, les Scandinaves avaient déjà investi l’archipel de Svalbard pour y construire une réserve mondiale alimentaire en graines et semences. Pour à la fois sauvegarder toutes ces variétés et pouvoir surtout les replanter, ultérieurement.

Au Svalbard Global Seed Vault (vidéo YouTube; 2’02’’) en béton-acier-verre et températures constamment négatives, la chambre forte végétale a été implantée à 100 m de profondeur, entre Norvège et Arctique. Entourées d’une couche de pergélisol, trois chambres ont été conçues au bout d’un long tunnel, pour être le conservatoire de boîtes scellées renfermant 500 millions de graines, conservées en permanence à moins 18°C (écho du 27/6/2016 > FA web). Les sélections proviennent du continent américain, d’Asie, d’Europe ou encore, plus étonnant, de Syrie. A flanc de Spitsbergen sur l’île éponyme, ce Svalbard International Seed Vault à 7,7 millions € et sécurité intégrée a été partiellement inondé par eaux de fonte et pluies l’année dernière. Ce grenier-bunker a été conçu par l’architecte norvégien Peter W. Søderman, senior chez Barlindhaug Consulting (solutions architecturales + ingénierie).

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Une semblable liste rouge existe pour les espèces animales menacées: 41% d’amphibiens, 26% de mammifères et 21% d’oiseaux. Si la reproduction en milieu de captivité bat son plein, elle ne suffira pas. A l’instar de Svalbard, des stocks de semences animales sont également conservées cette fois à moins de -180°C. Et puis il reste la bonne vieille recette de l’Arche de Noé. Chez FZAD Architecture & Design (NY), la jeune architecte Qian Chen a proposé une version contemporaine de l’Arche de Noé (Tower of Refuge). Une autre proposition prévoit d’investir désormais l’Afrique, au sud de l’Equateur, pour y conserver la biodiversité terrestre ensemencée en zones de crise majeure.

Spécialiste du cours architecture ‘environnements extrêmes’ en section architecture-design de l’Université KADK de Copenhague, le Danois Sean Cassidy veut ainsi utiliser les pentes ouest du mont Kilimandjaro (Tanzanie) pour y stocker les semences de cultures vivrières devant servir après apocalypse. L’économie rurale de ce pays est particulièrement vulnérable aux changements climatiques en cours. Ce concepteur pense que l’architecture pourrait jouer un rôle déterminant dans sa protection, en multipliant abris et bunkers conçus pour stocker des semences ‘archives’, base de la vie quotidienne. Cassidy propose des bunkers souterrains viables jusqu’en 3.000, surplombé d’un immense centre de recherche modulaire à charpente d’acier.

© Peter W. Søderman/BC; Sean Cassidy

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