Autour de cet An neuf, la revue internationale d’architecture anglo-saxonne de référence Dezeen (print + digital) jette quelques regards dans le rétroviseur 2017. Même partiel, précieux et inspirant pour la profession.

Parmi les thèmes abordés figurent les grandes tendances qui ont dominé l’année écoulée. Ainsi des propositions de bâtiments végétalisés parsèment désormais le monde à un rythme soutenu, sans précédent. Dont le programme 1.000 arbres du studio Heatherwick à Shanghai (Chine), soit du feuillage spectaculairement dispersé sur un millier de planteurs cylindriques à toutes les hauteurs. De son côté, l’européen Stefano Boeri (écho du 16/3/2016 > FA web) a dévoilé des plans dressés en collaboration avec une université asiatique et l’Agence spatiale chinoise pour construire des forêts verticales habitées sous dômes sur la planète… Mars en cas de Terre rendue inhabitable par le réchauffement climatique et la montée des eaux.

Sur le modèle de Bosco verticale à Milan (2 tours végétalisées de 110 m), Boeri a prévu des tours similaires de Lausanne et Utrecht à Liuzhou- et Nanjing-Chine. Paris, itou (Forêt blanche > Villiers-sur-Marne). Autre axe : l’utilisation de conteneurs d’expédition, certes une idée qui n’est pas neuve mais qui explore d’autres utilisations : bains à remous, piscines, bureaux d’arrière-cour, stades de foot. Et mêmes des maisons particulières dont la plus surprenante est sans doute Joshua Tree en forme d’exosquelette de conteneurs évidés blancs installée par un ex-membre du bureau londonien Arad sur un domaine de 36 ha dans un désert californien.

Du bois à la couleur

2017 a aussi été un peu plus féminin, avec l’architecte urbaniste Denise Scott Brown – prix Jane Drew pour les femmes en architecture – qui a aussi sa part dans le prix Pritzker de son époux Robert Venturi (1991). Pour Dezeen, il reste cependant bien du chemin à parcourir : selon un de ses sondages, seulement trois des plus grandes firmes d’architecture du monde ont une femme leader. Autre tendance lourde : les immeubles en bois lamellé-croisé-collé fleurissent ; le plus grand au monde se trouve désormais à Londres. Focus Archi y a d’ailleurs consacré un dossier cette année (FA print 13, pp.6-10). Une première tour bois hybride a reçu le feu vert aux Etats-Unis (SOM > Skidmore Owings & Merrill).

 Outre-Manche, l’incendie mortel de la tour de logements sociaux Grenfell a mis en lumière l’état lamentable du stock d’après-guerre au Royaume-Uni. S’ensuivirent notamment la démolition des Robin Good Gardens et les réaménagements Park Hill et Thamesmead . Ailleurs, les gratte-ciel de fantaisie « avec des niveaux variables de viabilité » écrit Dezeen surgissent. Ainsi, ne reculant devant rien, Clouds Architecture Office (écho du 12/9 > FA web) a proposé de suspendre le gratte-ciel le plus haut du monde à un… astéroïde. Ses résidents se feraient parachuter pour gagner la terre ferme ! L’architecte malaisien Haseef Rafiei avance lui un gratte-ciel en impression 3D pouvant distribuer des maisons modulaires,… comme un distributeur automatique. La tendance couleur 2017 fut semble-t-il le rose millénaire, du sud du Portugal à la Californie, tandis que nombre d’intérieurs puisent leur inspiration chez les Nippons. (Ph. G.)

 © Boeri Architects ; Studio Whitaker  

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