Avec une audience d’au moins 3 milliards de téléspectateurs, l’événement sportif planétaire occupe désormais (presque) tous les esprits: le Mondial de football en Fédération russe s’est dictatorialement installé au cœur des conversations et loisirs. D’ores et déjà, c’est la Coupe du monde la plus chère de tous les temps.

Jusqu’à mi-juillet, le Mondial de foot russe joue l’ubiquité, organisé par 11 villes de la Fédération de Russie, mobilisant 12 stades aux quatre coins du plus grand pays du monde (lire notre dossier > Focus Archi n°16, pp.6-11). Parfois laborieusement qualifiées, 32 équipes du gratin planétaire y participent. L’Italie n’en est pas, nos voisins bataves non plus. Au ranking FIFA, la Belgique de nos Red Devils est classée 3e au top mondial et cornaque le groupe G dans la présente compétition mondiale. De la Baltique à l’Oural, les 12 stades aux normes FIFA produiront jusqu’au 15 juillet (finale à Moscou) un spectacle quasi permanent, religieusement suivi par des milliards de téléspectateurs.

La précédente, au Brésil en 2014, avait en effet été suivie par 3,2 milliards d’entre eux (dont 1 milliard pour la seule finale). Soit près d’une personne sur deux sur Terre. Par rapport au rendez-vous sud-américain, les droits ‘télé’ ont augmenté de 25%, passant de 2,1 à plus de 2,5 milliards €, une manne pour la FIFA. Seul le tiers de ces enceintes a été réalisé par des cabinets d’architecture complètement russes. Ceux-ci ont ainsi pris à leur compte Cosmos Arena (Samara) à la pelouse artificielle cultivée en Allemagne, Ekaterinbourg Arena (Oural), Volgograd Arena (ex-Stalingrad) au club maison relégué en D3 et Nizhny Novgorod, à 400 km de Moscou.

Folie des grandeurs
Pour le reste, s’inspirant des précédents tournois organisés ailleurs, Vladimir Poutine et les siens ont convoqué les pointures mondiales du secteur:

Même si on ne compte pas quand on aime, la facture totale de cette 21e édition du Mondial frôlerait les 11 milliards €, dont environ deux tiers sur fonds publics. La FIFA mettra, elle, 1,6 milliard € au pot en frais d’organisation. De son côté, la Fédération russe a allongé 9,4 milliards €: 6 pour grands investissements long terme et infrastructures (autoroutes, gares, aéroports, métro,…), et 3,4 pour les stades. Avant le Brésil (9,9 milliards €), le calendrier arrêté pour ce Mondial russe est donc le plus cher de l’histoire, à comparer aux éditions germanique (4,6 milliards € > 2006), sino-coréenne (4 milliards € > 2002) et sud-africaine (3,1 milliards € > 2010). La croissance est estimée entre 2013 et 2023 à près de 1 à 2% du PIB russe total, selon les cabinets d’audit consultés. Soit environ de 13 à 26 milliards €, dépassant de loin l’impact en tout cas des quatre précédentes éditions.

* «Bienvenue »

© Agence France Presse (AFP)

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